Gérer les séquences de jeux entre chiens
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Il est fréquent de voir des chiens jouer entre eux, au milieu de leurs gardiens humains, sans que ceux-ci ne prêtent réellement attention à ce qui se déroule sous leurs yeux. Pourtant nos amis canins, avec leurs codes précis, leur langage canin, et un apprentissage du jeu propre à leur espèce, peuvent ne pas être seulement en train de jouer. Comment identifier les moments où le jeu mériterait d'être stoppé ou apaisé ? Que vous soyez en vacances avec toutou, ou en balade proche de chez vous, les nouvelles rencontres avec des congénères devraient toujours être observées attentivement, afin de pouvoir gérer les séquences de jeux entre chiens si nécessaire.

Stopper les phases de prédation : l'importance de bien gérer les séquences de jeux entre chiens
En fonction de l'âge du chien et de son vécu, l'apprentissage du jeu pourra avoir été très différent. Les phases de prédation peuvent être plus ou moins développées et expérimentées par le canidé.
L'apprentissage du jeu chez le chiot
En effet, dès son plus jeune âge, le chiot apprend à jouer. Mais ce n'est pas seulement du jeu comme nous pouvons l'entendre en tant qu'humains. C'est aussi de l'expérimentation, l'apprentissage du réflexe de préhension, et des prémices de bagarres. En gros, une sorte d'« entraînement », qui permet aux chiens de développer leurs auto-contrôles.
L'un des auto-contrôles, le réflexe de préhension, est l'action de saisir, tenir, et de savoir quand lâcher la prise. Les chiens tiennent avec leurs gueules et apprennent, en jouant avec leurs frères et sœurs, à gérer la puissance de leur morsure. En effet, si en jouant ils se font mal entre chiots, celui recevant la morsure va lâcher un petit cri, ce qui va avoir pour conséquence que l'autre chiot stoppe sa morsure. C'est ainsi que progressivement, ils apprennent à doser et jouer sans se faire mal, en développant leurs auto-contrôles.
Bien sûr, ils apprennent ainsi ce qui peut être « utile » en cas de bagarres. Une grosse partie de l'apprentissage du chien est enseigné par la mère durant les deux premiers mois de leur vie. Elle leur apprend les bons comportements : quand stopper le jeu, quand ils vont trop loin, quand ils font trop fort. Et les courses poursuites avec leurs frères et sœurs sont en réalité pleines de codes canins et font partie des phases de prédation. Les chiens expérimentant ces phases dès leur plus jeune âge, il faudra alors, à leur arrivée dans notre foyer, apprendre à les canaliser comme leur mère le faisait avant l'adoption.

Le jeu chez le jeune chien et le chien adolescent
Quand le chien arrive dans notre foyer, il a donc expérimenté le jeu, les prémices de bagarres, et certaines des phases de la prédation. Le réflexe de prédation est le fait de chasser pour se nourrir. Mais, comme nous l'avons vu dans l'article « Être le dominant de son chien, idée reçue n°8 », les chiens, dans la société actuelle, n'ont pas besoin de chasser pour se nourrir. Ce qui ne les empêche pas de connaître plusieurs des phases de prédation, sans pour autant aller au bout de toute cette chaîne.
Pour bien comprendre comment et pourquoi gérer les séquences de jeux entre chiens, voyons quelles sont les phases de prédation :
- Regard et orientation du corps : le chien commence par voir sa proie, il la fixe, puis il oriente son corps dans la direction de cette proie, et tend ses muscles.
- Course poursuite : le chien se lance en course poursuite.
- Morsure de préhension : une fois la proie atteinte, le chien l'attrape et la stoppe, grâce à la morsure de préhension.
- Secouement : le chien secoue sa proie.
- Morsure fatale : certains chiens vont au-delà des premières phases de prédation jusqu'à la morsure fatale pour tuer leur proie.
- Dissection : le chien dissèque sa proie.
- Ingestion : le chien mange sa proie.
Bien sûr, toutes ces phases de prédation ne sont pas expérimentées par le chien. Les deux dernières phases sont encore plus rares, mais certains chiens (et certaines races en particulier) peuvent aller jusque là. Tout peut aussi dépendre de la race, de l'environnement et de l'éducation. L'idéal étant que le chiot ne connaisse que la première voir la seconde phase de prédation : regard et orientation du corps.
Les proies en question peuvent être un petit animal (lapin, rongeur...) ou un animal plus gros (chevreuil, ragondin...) ou tout autre objet en mouvement : vélo, moto, voiture, joggeur... En fonction de l'instinct du chien, la prédation peut être plus ou moins développée. Certaines races sont d'ailleurs sélectionnée pour certaines activités, parce qu'elles présentent une prédation assez développée qui peut être utile dans le travail (chien de berger, chien de troupeau par exemple)

Le taux d'excitabilité dans le jeu
Dès qu'il entre en course poursuite (3ème phase de la chaîne de prédation), le chien augmente son taux d'excitation, ses hormones entrent en jeu, et il est bien plus difficile de le stopper dans sa course. Cela peut donc ensuite lui permettre d'expérimenter certaines des autres phases de la chaîne de prédation.
Une fois focalisé sur sa proie, le chien sera bien moins réceptif au rappel.
Il est donc important (et parfois vital) de bien connaître notre chien et d'arriver à le rappeler à nous dès le moment où on observe la première ou la deuxième phase de la chaîne de prédation.
Cette prédation peut bien évidemment se produire au cours d'une séquence de jeux avec l'un de ses congénères : les chiens jouent, se courent après, s'excitent, et la tension monte sans même que nous l'ayons remarqué. Dans la course poursuite, l'un d'eux devient la proie, et l'autre le prédateur. La moindre petite morsure de préhension peut alors dériver très rapidement en bagarre, surtout si l'un deux a mal acquis son réflexe de préhension. Et parce que nous n'aurons pas « calmé le jeu », nous aurons devant nous non plus des chiens qui jouent, mais des chiens qui se battent.
Voilà pourquoi, même avec le plus sociable des chiens, il est utile de toujours avoir un œil sur nos toutous en train de jouer et de savoir gérer les séquences de jeux. Nous pouvons demander des pauses à nos chiens au cours du jeu, des « temps calmes », puis reprendre la balade au moment opportun. Gérer les séquences de jeux entre chiens, c'est avant tout observer, anticiper, et intervenir au bon moment pour que chaque rencontre reste une expérience positive.
Comment se comporte votre chien dans le jeu, est-il plutôt en retrait, plutôt en demande ? Sait-il s'apaiser au moment voulu ? Dites-le nous en commentaires ! 😉